Workhop met Lia-Workshop with LIA

CASTII propose des approches innovantes en création numérique.

Du 18 au 21 novembre 2016, à iMAL, la célèbre artiste autrichienne LIA, pionnière de l’art logiciel et du net art, anime un workshop sur le comportement spécifique des imprimantes 3D à filament, transposant dans le domaine tangible son travail expressif basé sur la programmation. LIA utilise les imprimantes 3D et leur fonctionnement de base : une tête d’extrusion se déplaçant dans les 3 dimensions, sculpte et tisse des objets en déposant une matière encore souple ou presque solide. En contrôlant directement les mouvements de l’imprimante, elle étudie tous les aspects de la matérialité de ce processus, et génère, par le code, de nouvelles formes de sculptures.

LIA explique sa démarche.

Bob Wigetman
Bob Wigetman

LIA a reçu une imprimante 3D de son mari. Elle a très rapidement préféré détourner l’utilisation première de ces machines et ne pas imprimer un modèle réalisé dans un logiciel CAD. Elle s’intéresse plutôt au fonctionnement de ces machines : le langage machine qui commande les mouvements et l’impression, le G-CODE. Le workshop est animé comme la propre progression d’apprentissage/de découverte de LIA. Dans un premier temps, les participants essayent d’envoyer commande par commande le G-Code aux imprimantes. Après une série d’essais/erreur, les participants arrivent à créer des blobs (des agglomérations de plastique) et des lignes, en déplaçant la tête d’une coordonnée à une autre.

Julien Leresteux

L’intérêt de ces techniques est que l’on peut travailler autrement que couche par couche : on peut créer un blob et étirer le filament vers le haut, puis recommencer. Cette technique est impossible avec l’approche traditionnelle, qui passe par un logiciel de type Slicer, qui va découper le modèle tranche par tranche en incrémentant la hauteur. Les découvertes sont nombreuses. En extrudant en hauteur, sans toucher le plateau, le filament tombe en créant un mouvement. Le filament refroidit et se durcit. Cette accumulation de filament tombé et solidifié donne des formes ou une texture plus organique, plus aléatoire.

La génération algorithmique

Luc Hanneuse

Après ces essais en envoyant le g-code ligne par ligne, LIA introduit le langage Processing, pour automatiser cette approche manuelle du ligne par ligne. Avec cette démarche, Processing aide à générer le texte du g-code. Soit en répétant des séquences, soit générant des coordonnées à l’aide de formule de mathématique de base : ligne, cercle… La programmation vient à la rescousse : créer des fonctions, faire des opérations sur des variables, travailler avec des boucles, jouer avec des conditions… Le résultat des impressions devient alors plus complexe, plus abouti. LIA incite les participants à suivre sa démarche inspirée de la démarche scientifique : crée un algorithme, lancer l’impression, puis recommencer en changeant un paramètre à la fois. LIA n’hésite pas à partager ses découvertes, elle aide les participants à coder des parties de leurs projets. Les participants innovent aussi et enrichissent la démarche. Chacun s’appropriant la technique, l’adaptant à sa propre démarche artistique.

Médias & documentation

Le déroulement du workshop est détaillé sur http://wiki.imal.org/workshop/lia
La documentation au jour le jour du travail de LIA : http://liasomething.tumblr.com/archive